— Soit, mais quand tu auras fait ta communication à la société archéologique de Trantor, que se passera-t-il ?
— Ce qui se passera ? Pour commencer, nous prendrons un an de congé et nous visiterons les principales planètes de la galaxie. Nous n’en négligerons pas une seule, même s’il faut pour cela emprunter des fusées postales. Tu feras la connaissance de la galaxie et tu auras la plus belle lune de miel qu’on puisse s’offrir avec l’argent du gouvernement.
— Et ensuite ?
— Ensuite, nous reviendrons sur la Terre, nous nous engagerons dans les bataillons du travail et nous passerons les prochaines quarante années de notre existence à faire de la terrasse pour régénérer les régions radio-actives.
— Mais pourquoi veux-tu faire cela ?
— Parce que… (A ce moment, l’attouchement mental d’Arvardan ressembla à un profond soupir.) Parce que je t’aime, parce que c’est ce que tu désires et parce que je suis un Terrien patriote comme mes papiers de naturalisation honoraire en font foi.
— Bien…
La conversation prit fin.
Mais, évidemment, le contact mental se poursuivit et Schwartz, tout heureux mais un peu gêné, s’éloigna. Il pouvait attendre. Il serait toujours temps de les déranger quand ils auraient retrouvé leur sérénité. Il attendit dans la rue. Les étoiles luisaient de leur éclat glacé dans le ciel. Toute une galaxie d’astres visibles et invisibles.
Alors, pour lui-même, pour la Terre nouvelle, pour les millions de planètes lointaines, Joseph Schwartz récita à mi-voix le vieux poème qu’il était désormais le seul à connaître :
Vieillissons ensemble !
Le meilleur, encore, est à naître.
L’apogée, la raison d’être de tout ce qui a été vécu…