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Harry descendit en courant les marches deux par deux, s'arrêtant brusquement à quelques marches du bas, car une longue expérience lui avait appris à rester, autant que possible, hors de portée du bras de son oncle. Là, s'encadrait dans la porte un homme grand et mince avec de longs cheveux d'argent et une longue barbe. Des lunettes en forme de demi-lune étaient posées sur son nez courbé, il portait un long manteau noir et un chapeau pointu. Vernon Dursley, dont la moustache noire était aussi touffue que celle de Dumbledore, et qui portait une robe de chambre grise, regardait fixement le visiteur comme s'il ne pouvait pas en croire ses minuscules yeux.

"Si j'en juge par votre regard incrédule, Harry ne vous a pas prévenu de ma venue !" dit gentiment Dumbledore. "Cependant, laissez-moi présumer que vous m'inviterez chaleureusement dans votre maison. Il est imprudent de s'attarder trop long sur les seuils en des temps si préoccupants."

Il fit vivement un pas par-dessus le seuil et ferma la porte derrière lui.

"Il s'est passé bien du temps depuis ma dernière visite !" remarqua Dumbledore, dévisageant par-dessus son nez tordu l'oncle Vernon. "je dois dire, votre béatitude me réjouit."

Vernon Dursley ne disait rien du tout. Harry ne doutait pas un instant que la parole lui reviendrait bientôt — la palpitation d'une veine sur la tempe de son oncle atteignait un point dangereux — mais quelque chose en Dumbledore semblait lui avoir temporairement coupé le souffle. Ce pouvait être l'allure flagrante de sorcier, mais ce pouvait être, aussi, du au fait que l'oncle Vernon sentait qu'il s'agissait d'un homme qui serait très difficile à intimider.

"Ah, bonsoir Harry," dit Dumbledore, regardant autour de lui par-dessus ses lunettes demi-lunes, un air de satisfaction sur le visage. " C'est très bien!

Très bien !"

Ces paroles semblèrent secouer l'Oncle Vernon. Il était clair qu'en ce qui le concernait, quiconque regardait Harry en disant "Très bien !", était quelqu'un avec lequel il ne pourrait jamais s'entendre.

" Je ne veux pas être grossier…" commença-t-il, martelant avec impolitesse chaque syllabe.

"… encore que, malheureusement, l'impolitesse de votre ton semble plutôt alarmante," l'interrompit gravement Dumbledore. "Mieux vaut ne dire rien du tout, cher monsieur. Ah, et voici probablement Pétunia."

La porte de la cuisine s'était ouverte, et la tante de Harry apparut, des gants en caoutchouc sur les mains et une robe de chambre par-dessus sa chemise de nuit, clairement à mi-chemin entre le moment habituel d'aller se coucher et le coup de nettoyage sur toutes les surfaces de la cuisine. Son visage plutôt chevalin n'exprimait rien d'autre que la surprise.

"Albus Dumbledore," dit Dumbledore, car l'Oncle Vernon ne faisait pas les présentations. "Nous nous sommes écrit, naturellement." Harry pensa que c'était une manière habile de rappeler à tante Pétunia qu'il lui avait, par le passé, envoyée une beuglante, mais tante Pétunia ne releva pas le défi. "et ceci doit être votre fils, Dudley?"

Dudley s'encadrait à ce moment dans la porte du séjour, sa grosse tête blonde sortant du col étroit de son pyjama. Il semblait curieusement désincarné, sa bouche béant d'étonnement et de bêtise. Dumbledore attendit un moment ou deux, apparemment pour voir si l'un des Dursley allait dire quelque chose, mais comme le silence se prolongeait, il sourit.

"Nous supposerons que vous m'avez invité à passer dans le salon ?"

Dudley s'écarta quand Dumbledore passa près de lui. Harry, tenant toujours la longue vue et ses chaussures, sauta les dernières marches et suivit Dumbledore, qui s'était installé dans un fauteuil le plus près possible du feu et avait en observant autour de lui un air légèrement intéressé. Il dénotait extraordinairement dans cet environnement .

"Ne… ne partons-nous pas professeur ?" demanda impatiemment Harry.

"Oui, bien sûr , mais il y a quelques petites choses dont nous avons besoin de parler d'abord !" répondit Dumbledore. "et je préférais ne pas le faire ainsi dans l'entrée. Nous n'abuserons pas trop longtemps de l'hospitalité de ta tante et de ton oncle."

" Vous restez ?"

Vernon Dursley entra dans le séjour, Pétunia près de lui, et Dudley juste derrière eux deux.

"Oui " dit simplement Dumbledore "Je reste."

Il sortit sa baguette magique si rapidement que Harry la vit à peine. D'une petite chiquenaude, le divan glissa sur le sol et se cogna aux genoux de chacun des trois Dursley de sorte qu'ils s'effondrèrent tous dessus. D'une autre chiquenaude le divan reprit sa position originale.

"Nous serons mieux installés !" plaisanta Dumbledore.

Alors qu'il remettait sa baguette dans sa poche, Harry vit que sa main était noire et flétrie. il semblait que la peau avait été brûlée.

"Professeur … Qu'est-ce qui est arrivé à votre… ?"

"Plus tard, Harry," dit Dumbledore. "S'il te plaît, assieds-toi."

Harry prit le fauteuil restant, choisissant de ne pas regarder les Dursley, qui semblaient murés dans leur silence.

"J'aurais présumé que vous alliez m'offrir un rafraîchissement !" dit Dumbledore à l'Oncle Vernon, " mais jusqu'ici il semble évident que ce serait optimiste d'attendre une telle bêtise."

Un troisième coup de baguette, et une bouteille poussiéreuse ainsi que cinq verres apparurent dedans eux, entre ciel et terre. La bouteille s'inclina et versa une généreuse mesure de liquide couleur de miel dans chacun des verres, qui flottèrent ensuite vers chaque personne de la pièce.

"Le meilleur de Mrs Rosmerta, vieilli en fût de chêne !" reprit Dumbledore, levant son verre à Harry, qui attrapa le sien et bu. Il n'avait jamais goûté quelque chose comme cela auparavant, mais il l'appréciait grandement. Les Dursley, se jetant rapidement des regards effrayés les uns aux autres, essayaient d'ignorer complètement leur verre, un exploit difficile, car ceux-ci leur poussaient doucement le coude vers la tête. Harry ne pouvait pas s'empêcher de soupçonner Dumbledore d'y prendre plaisir.

"Bon, Harry !" continua Dumbledore, en se tournant vers lui " Il y a une difficulté qui a surgi et j'espère que tu pourras la résoudre pour nous. Par

"nous", j'entends "l'ordre du Phœnix". Mais, avant tout, je dois te dire que le testament de Sirius a été découvert, il y a une semaine et qu'il t'a laissé tout ce qu'il possédait."

Sur le divan, la tête d'Oncle Vernon se tourna, mais Harry ne le regarda pas, et n'était pas capable de dire quoi que ce soit à l'exception de " Oh !

bon!"

"C'est, en tout cas, assez franc !" poursuivit Dumbledore. " D'une part, cela augmente ton compte chez Gringott d'une quantité raisonnable d'or, et d'autre part, tu hérites de toutes les possessions personnelles de Sirius. Le seul problème de cet héritage…"

"Son parrain, mort ?" cria fort l'Oncle Vernon depuis sa place.

Dumbledore et Harry se tournèrent tous les deux pour le regarder. Le verre continuait, de plus en plus insistant, à lui pousser le coude vers la tête.

Oncle Vernon essayait de l'éloigner. "Il est mort ? Son parrain?"

"Oui" répondit Dumbledore. Il ne demanda pas à Harry pourquoi il n'avait rien dit aux Dursley. "Notre problème," continua-t-il pour Harry, comme s'il n'avait pas été interrompu, "c'est que Sirius t'a également légué la maison du 12 Place Grimmaurd."

"Il a laissé une maison ?" clama l'Oncle Vernon avidement, ses petits yeux s'étrécissant, mais personne ne lui répondit.

"Vous pouvez continuer à l'utiliser comme quartier général." dit Harry. "

Je ne m'inquiète pas. Vous pouvez l'avoir, je n'en veux pas vraiment." Harry n'y pas mis les pieds plus d'une douzaine de fois comme si Place Grimmaurd pouvait l'aider à supporter l'absence de Sirius !. Il pensait que cet endroit serait hanté pour toujours par la mémoire de Sirius rôdant seul dans les pièces humides et sombres, prisonnier d'un endroit qu'il avait voulu si désespérément quitter.