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M. A.

▶ Arabie Saoudite / Wahhābites.

✐ H. C. Armstrong, le Maître de l’Arabie : Ibn Séoud (Payot, 1935). / J. Benoist-Méchin, le Loup et le léopard, Ibn Séoud ou Naissance d’un royaume (A. Michel, 1957). / F. J. Tomiche, l’Arabie Séoudite (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1962 ; 2e éd., 1969). / P. Lyautey, l’Arabie Saoudite (Julliard, 1967).

‘Abd al-Raḥmān III

(891 - Cordoue 961), souverain

omeyyade d’Espagne (912-961), le premier calife de Cordoue.

Le 16 octobre 912, un jeune homme de vingt-trois ans succède, comme émir de Cordoue, à son grand-père ‘Abd Allāh. C’est un Andalou au sang mêlé : son père est un Arabe, mais sa mère, une

esclave, est probablement originaire de Navarre. Le pays sur lequel il est appelé à régner est déchiré par les dissensions intérieures et menacé par ses voisins.

L’unification du royaume

Le jeune émir va rétablir l’unité de son domaine en soumettant les féodaux arabes. Son principal adversaire, ‘Umar ibn Ḥafṣūn, conduit la dissidence dans le Sud. ‘Abd al-Raḥmān III dirige une série de campagnes et soumet nombre de chefs inféodés à son ennemi. En 917,

‘Umar ibn Ḥafṣūn meurt ; dix années seront cependant encore nécessaires pour mettre fin à la révolte et pour que le centre de dissidence, Bobastro, tombe entre les mains des troupes de l’émir (janv. 928). ‘Abd al-Raḥmān III complétera son oeuvre d’unification en occupant Badajoz (930) et Tolède (932).

Au lendemain de sa victoire de Bobastro, le souverain montrera par un acte solennel qu’il est désormais le seul maître de l’Andalousie et marquera son indépendance complète à l’égard des califes ‘abbāssides de Bagdad. Il se pro-clamera lui-même calife et prince des croyants (amīr al-mu’minīn), et s’attribuera le surnom d’al-Nāṣir li-dīn-illāh (« Celui qui combat victorieusement pour la religion d’Allāh »).

La lutte contre

les royaumes chrétiens

Mais il avait fallu aussi assurer l’existence du califat vis-à-vis des royaumes chrétiens du nord de l’Espagne ; bien que leur situation fût précaire, ceux-ci n’en constituaient pas moins une menace pour l’Andalousie musulmane, contre laquelle ils lançaient d’audacieux coups de main. ‘Abd al-Raḥmān avait pris l’offensive, mais celle-ci s’était soldée par un désastre : le roi de León, Ordoño II, avait remporté en effet une écrasante victoire sur les troupes arabes à San Esteban de Gormaz (917).

Dans l’été 920, au val de Junquera,

‘Abd al-Raḥmān avait pris une éclatante revanche sur le roi de León, cette fois allié au roi de Navarre. En 924, il s’était emparé de Pampelune et avait mis fin pour un temps aux agressions chrétiennes.

Le danger réapparaît avec la montée sur le trône de León, en 931, de Ramire II, qui va mener une lutte sans merci contre les Omeyyades d’Espagne.

Avec l’aide du comte de Castille Fernán González et de la régente de Navarre Toda, Ramire II remporte sur ‘Abd al-Raḥmān une grande victoire au fossé de Simancas (1er août 939). Mais la victoire de Ramire II sera sans lendemain. Les généraux de ‘Abd al-Raḥmān multiplient les incursions sur son territoire ; Ramire obtient une ultime victoire à Ta-lavera vers 949, mais il meurt peu après.

Profitant des dissensions qui op-

posent ensuite les prétendants au trône de León, le calife remporte dès lors de nombreux succès.

La lutte en

Afrique du Nord

‘Abd al-Raḥmān III se sent aussi menacé par les Fāṭimides, cette dynastie arabe qui, en quelques années, a étendu sa domination sur une grande partie de l’Afrique du Nord et a atteint les frontières du royaume idrīside du Maroc.

Le risque est grand, si les Fāṭimides se rendent maîtres du Maroc, de les voir s’attaquer ensuite à l’Espagne. Aussi, Omeyyades d’Espagne et Fāṭimides

vont-ils se disputer le contrôle de ce territoire. En 927, ‘Abd al-Raḥmān occupe Melilla et, en 931, Ceuta. Il fait reconnaître son autorité par les princes locaux du nord du Maroc et du Maghreb central, et, en 951, il annexe Tanger. Mais, en 958-59, les Fāṭimides passent à la contre-offensive : leur général, Djawhar, mène une campagne victorieuse qui fait perdre au calife le contrôle des régions placées sous protectorat. Cependant, ‘Abd al-Raḥmān réussit à conserver Ceuta et Tanger, places essentielles pour la surveillance du détroit de Gibraltar.

Le bilan du règne

‘Abd al-Raḥmān est la figure dominante de l’histoire de l’Espagne musulmane : d’un royaume déchiré par la guerre civile, les rivalités des clans arabes et les dissensions des groupes ethniques il fit un État uni, pacifié et prospère. Sous son règne, Cordoue devint une métropole musulmane rivalisant avec les cités

de l’Orient et jouissant d’un immense prestige dans le monde méditerranéen.

Aux portes de cette ville, al-Nāṣir avait construit un immense palais, Madīnat al-Zahrā’, véritable foyer d’art et de pensée, qui témoignait du raffinement de la civilisation omeyyade d’Espagne.

M. A. et C. D.

▶ Cordoue / Espagne / Fāṭimides / Omeyyades downloadModeText.vue.download 20 sur 543

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 1

15

/ Reconquista.

✐ E. Lévi-Provençal, Histoire de l’Espagne musulmane (Maisonneuve, 1950-1953 ; 3 vol.).

‘Abdalwādides ou

Zayyānides

Dynastie berbère de Tlemcen (XIIIe-XVIe s.).

Les origines

des ‘Abdalwādides

Les ‘Abdalwādides sont des Berbères nomades de la race des Zenāta. En 1235, ils profitent de la décadence des Almohades pour créer une dynastie indépendante à Tlemcen, qui devient la capitale du nouveau royaume maghrébin. Le

fondateur de ce royaume, Yarhmurāsan ibn Zayyān (1235-1283) résiste pendant près de cinquante ans aux attaques des Ḥafṣides et des Marīnides, maîtres respectivement de l’Ifrīqiya et du Maroc.

Il s’appuie sur les nomades, principalement les Arabes Suwayd de la tribu des Banū Zurhba, pour tenter des raids contre les Marīnides ou repousser les invasions de ces adversaires.

Le siège de Tlemcen par

les Marīnides

À la mort de Yarhmurāsan, le royaume

‘abdalwādide devient vulnérable. Son successeur, Abū Sa‘īd ‘Uthmān (1283-1304), ne parvient pas à repousser les Marīnides, qui assiègent Tlemcen en 1299. Pour affamer la capitale

‘abdalwādide, le sultan marīnide, Abū

Yūsuf Ya‘qub al-Mansūr, l’entoure d’un

mur percé de portes pour les attaques.

Face à cette ville, il crée une nouvelle cité, le camp victorieux (al-Manṣūra

[Mansoura]), ou Tlemcen-la-Neuve.

Très vite, Mansoura devient, à la place de Tlemcen, un centre commercial très important, que fréquentent des négociants venus de tous les pays. Le siège de Tlemcen n’est levé qu’en 1307, à la suite de l’assassinat d’Abū Yūsuf Ya‘qūb par un de ses eunuques. La paix est signée avec les Marīnides, qui regagnent le Maroc.

Le roi ‘abdalwādide Abū Zayyān

(1304-1308) entreprend alors de remettre de l’ordre dans son royaume. Il sévit contre les tribus berbères de l’Est qui se sont ralliées pendant la guerre aux Marīnides et chasse les Arabes du Sersou, considérés comme des adversaires irréductibles du régime.

Son frère et successeur Abū Ḥammū

Mūsā Ier (1308-1318) se consacre principalement à relever les ruines provoquées par les attaques marīnides. Il répare les remparts de Tlemcen, creuse des fossés et accumule des provisions, de l’or et des munitions en prévision d’un nouveau siège de la capitale. Son successeur, Abū Tāchufīn Ier (1318-1337), attaque les Ḥafṣides dans le but d’annexer la partie occidentale de leur royaume. Il parvient à assiéger Bougie et Constantine lorsque les Marīnides viennent au secours des califes de l’Ifrīqiya.