Les plantes médicinales constituent la source la plus variée de produits actifs. Depuis la fin du XVIIIe s., les chercheurs se sont ingéniés à isoler des substances dont l’action spécifique était infiniment plus grande que celle de la plante d’origine. Il suffit de citer l’extraction, en 1820, de la quinine à partir de l’écorce de Quinquina* par P. Pelletier et J. Caventou pour illustrer les découvertes de corps nouveaux dont la liste s’enrichit chaque année.
Certaines plantes, les Agaves et les Droscoréas par exemple, sont utilisées dans la préparation de « précurseurs »
de principes actifs. On en extrait des stéroïdes* qui servent de base à l’hémi-synthèse de médicaments tels que les vitamines, les corticoïdes, etc.
Législation des plantes
médicinales
En France, la vente des plantes médicinales inscrites à la pharmacopée est réservée aux pharmaciens selon la loi du 11 sep-
tembre 1941, modifiée par l’ordonnance du 4 février 1959.
Cette règle présente des exceptions : les herboristes diplômés sont autorisés à vendre les plantes médicinales indigènes ou acclimatisées, à l’exception des plantes figurant aux tableaux A, B et C des substances vénéneuses, que seuls les pharmaciens peuvent détenir et délivrer sur ordonnance. Ils peuvent également délivrer les espèces ou mélanges de plantes dont downloadModeText.vue.download 605 sur 619
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 15
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les compositions sont inscrites au codex, à l’exception des espèces carminatives.
La Camomille, la Menthe, l’Oranger, le Tilleul et la Verveine, qui servent à la composition de boissons hygiéniques ou d’agrément, sont en vente libre. Il en est de même des plantes servant d’épices, comme l’Aïl, la Girofle, le Safran, la Cannelle, etc., bien qu’inscrites à la pharmacopée.
Le décret du 31 juillet 1959 réglemente la détention et la vente des plantes à essences, riches en anéthol, telles que l’Anis, la Badiane, le Fenouil.
P. C.
P. Schanenberg et F. Paris, Guides des plantes médicinales (Delachaux et Niestlé, 1969). / E. Perrot et R. Paris, les Plantes médicinales (P. U. F., 1971 ; 2 vol.). / G. Debuigne, Dictionnaire des plantes qui guérissent (Larousse, 1972). / F. R. Bardeau, la Pharmacie du Bon Dieu. La santé par les plantes (Stock, 1973).
plasma
Milieu gazeux ionisé.
Définition
Lorsqu’un gaz est chauffé jusqu’à une température suffisamment élevée, les atomes ou les molécules de ce gaz subissent, du fait de leur agitation thermique, des chocs très violents. Ce phénomène est l’ionisation : un ou plusieurs électrons sont alors arrachés et deviennent libres, tandis que les atomes, ou molécules, qui ont perdu
des électrons passent à l’état d’ions positifs (ou parfois négatifs, si les atomes ont capté des électrons). Au fur et à mesure que l’ionisation augmente, le comportement dynamique du gaz est de plus en plus dominé par les forces électromagnétiques agissant entre les ions et les électrons libres : le gaz possède alors des propriétés suffisamment différentes de celles du gaz non ionisé pour mériter une nouvelle dénomination, correspondant à cet état fortement ionisé : ce gaz est appelé un plasma.
Ce terme a été introduit vers 1928 par Irving Langmuir, qui avait appelé oscillations de plasma les oscillations de très haute fréquence observées sur les gaz ionisés ; il s’applique actuellement à une grande catégorie de mélanges d’atomes ou de molécules neutres et de particules chargées (ions positifs ou négatifs, électrons libres, « trous »
[dans les semi-conducteurs*]), qu’on rencontre non seulement dans les gaz ionisés, mais aussi dans des liquides conducteurs, dans certains électrolytes et dans certains solides.
Propriété fondamentale :
comportement
« collectif »
Le rôle dominant des forces électromagnétiques dans la dynamique des plasmas réside dans la nature des forces d’interaction entre les particules.
y Dans le cas des gaz neutres, les forces d’interaction ont un très faible rayon d’action, et l’effet sur les trajectoires ne se fait sentir que pendant de très courts instants (quand deux particules sont très voisines l’une de l’autre), en dehors desquels chaque particule a un mouvement pratiquement libre : le modèle de collision binaire est donc très bien vérifié dans ce cas, et la théorie cinétique des gaz, fondée sur ces hypothèses (densités faibles, chocs binaires), a connu un très grand succès.
y Dans les plasmas relativement peu ionisés, il existe encore des interactions à courte distance entre une particule neutre et une autre particule, neutre ou chargée, pour lesquelles le
modèle binaire est encore satisfaisant.
Mais, pour les particules chargées, les forces d’interaction (essentiellement les forces coulombiennes) ont une très longue portée, et il est alors impossible de décrire les interactions comme des chocs binaires : l’effet sur la trajectoire d’une particule est un effet cumulatif, où toutes les autres particules interviennent d’une ma-nière collective en créant un champ électrique moyen, dans lequel la particule considérée évolue. Ce caractère collectif est une propriété essentielle des plasmas.
Historique
L’évolution de la recherche expé-
rimentale a été commandée par les progrès techniques (ultravide, électrotechnique, électronique et hyper-fré-
quences), qui ont permis non seulement de concevoir des appareils nouveaux, mais surtout de mettre au point de nouvelles méthodes de mesures.
Dans une première période, jusque vers 1940, les travaux expérimentaux négligèrent complètement l’aspect collectif des plasmas et furent limités aux études des décharges dans les gaz faiblement ionisés, études le plus souvent centrées sur les mécanismes de collisions, et plus particulièrement d’ionisation, ce qui en faisait un domaine de la physique atomique ; de plus, les effets des limites (parois des enceintes, électrodes plongées dans la décharge...) étaient prépondérants, et les résultats expérimentaux, échappant souvent à toute théorie un peu géné-
rale, restaient sans lien entre eux.
Puis, après 1940, le développement et l’exploitation du radar entraînèrent la naissance de la radioastronomie, la mise au point des méthodes de diagnostic utilisant les ondes hyperfréquences aussi bien pour l’étude de l’ionosphère, par sondage, que pour les décharges de laboratoire, par interférométrie.
Enfin, après 1950, les recherches concernant la fusion thermonucléaire ont donné une énorme impulsion
aussi bien à la recherche expérimentale qu’aux techniques. Mais de nombreuses difficultés sont apparues, in-
hérentes à la nécessité d’obtenir pour la fusion thermonucléaire contrôlée un plasma confiné, assez dense et très chaud. On a observé notamment de nombreux types d’instabilités (v. ma-gnétohydrodynamique) qui conduisent rapidement au domaine non linéaire et en particulier à la turbulence ; d’où l’intérêt théorique qui s’est développé récemment pour ces phénomènes.
Néanmoins, sur le plan expérimental, les problèmes posés deviennent de plus en plus spécifiques à chaque dispositif, à chaque type de réacteur.
Plasmas naturels et
plasmas de laboratoire
L’état plasma est très répandu dans la nature : plus de 95 p. 100 de la matière contenue dans l’univers est constituée par du plasma. On rencontre celui-ci : dans les étoiles (en particulier le Soleil), qui sont constituées de gaz à très haute température ; dans certaines atmosphères de planètes (haute atmosphère* terrestre, ionosphère* et magnétosphère*), où l’ionisation est due à des particules très rapides, dont certaines émanent du Soleil ; dans l’espace interplanétaire et interstellaire.