Présent et avenir
de la symphonie
La symphonie a connu et connaît
encore une heureuse fortune en Amé-
rique et en U. R. S. S. Dans les autres nations du monde, elle a subi un traitement parfois exotique, peu compatible avec sa vocation d’origine, elle a servi à retracer des idéaux révolutionnaires ou bien à magnifier des grandes
célébrations folkloriques. Mais là où la musique se trouve la plus avancée, elle a perdu, semble-t-il, toute chance de survivre, car ses structures, en dépit des libertés avec lesquelles on en use, sont qualifiées de « sclérosantes ». À
un moment où la recherche contemporaine aspire à d’autres règles et où la distinction traditionnelle forme-fond apparaît privée de signification, elle ne correspond plus aux réalités de la composition d’aujourd’hui. Elle cède sa place à une musique de caractère symphonique, héritée des grands poèmes symphoniques postromantiques, dont on attend qu’elle ouvre sur un univers sonore inédit. Cette remise en cause de la symphonie est effective depuis les années 50. De brillantes exceptions ont été remarquées dans ce bilan : en France, les partitions magistrales d’un Dutilleux* et d’un Jolivet* ; en Allemagne, les six symphonies de Hans Werner Henze*.
R. J.
M. Brenet, Histoire de la symphonie à orchestre, depuis ses origines jusqu’à Beethoven inclusivement (Gauthier-Villars, 1882) ; les Concerts en France sous l’Ancien Régime (Fischbacher, 1900). / F. Weingartner, Die Symphonie nach Beethoven (Berlin, 1898 ; trad. fr. la Symphonie après Beethoven, Durand, 1900).
/ K. Nef, Geschichte der Sinfonie und der Suite (Leipzig, 1921). / L. Aubert et M. Landowski, l’Orchestre (P. U. F., coll. « Que sais-je ? », 1951 ; 2e éd., 1960). / A. Carse, A Short History of the Symphony in the 18th Century (Londres, 1951).
/ E. Borrel, la Symphonie (Larousse, 1954). /
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symptôme
Manifestation spontanée d’une maladie pouvant être perçue subjectivement par le malade lui-même (symptôme subjectif) ou être constatée par l’examen clinique (symptôme objectif, appelé couramment signe).
Introduction
La symptomatologie d’une affection s’applique couramment à l’ensemble des symptômes subjectifs et objectifs qui la caractérise, alors que la partie de la pathologie qui étudie les symptômes et les signes est désignée sémiologie ou séméiologie.
Les renseignements fournis par le patient ou par son entourage sur l’histoire et les détails de sa maladie (anamnèse) doivent tous être écoutés et retenus par le praticien. À cette anamnèse se joint l’étude des faits antérieurs à la maladie actuelle et concernant l’état de santé du sujet examiné (antécédents personnels), de sa famille (antécé-
dents familiaux). L’examen clinique complète l’interrogatoire : les signes physiques, objectifs, ne peuvent que renforcer la valeur des symptômes subjectifs, surtout lorsque ceux-ci sont confus ou absents. Ils sont fournis par l’inspection (examen par la vue du faciès [aspect de la face], du tronc, des membres, du comportement), par la palpation des divers organes, par la percussion (méthode qui consiste à provoquer des sons en frappant avec les doigts certaines régions du corps pour reconnaître l’état des parties sous-jacentes : une matité sonore obtenue par percussion d’un organe plein s’oppose à la sonorité obtenue par percussion d’un organe creux contenant de l’air), par l’auscultation* (écoute des sons qui se produisent à l’intérieur de l’organisme), par les touchers (introduction d’un doigt, voire d’une main dans une cavité naturelle que l’on veut explorer : touchers vaginal, rectal, buccal), par la prise du pouls et par des examens plus complets des différents systèmes et organes.
Ce n’est qu’après avoir rassemblé tous les symptômes que les examens spécialisés (radiologie, laboratoire) peuvent servir à fournir les informations supplémentaires nécessaires au diagnostic d’une maladie.
Nous étudierons successivement les symptômes fondamentaux que sont la douleur et les anomalies de la tempé-
rature corporelle, puis les différents symptômes propres à chaque organe, ou appareil.
La douleur
C’est un des symptômes les plus pré-
coces de l’état de maladie que donne la nature. Pour résoudre les problèmes, souvent complexes, posés par la douleur, il convient de connaître la physiologie et l’aspect psychologique des mé-
canismes nerveux qui la conditionnent (v. douleur, sensibilité).
Les douleurs ne sont pas toujours aiguës et rebelles. Nombre d’entre elles, qu’il faudrait nommer « normales », font partie de l’expérience sensitive quotidienne des individus en bonne santé ; les fortes douleurs passagères de la tempe en sont un exemple : brèves, elles cessent comme elles sont apparues, de façon inexpliquée ; il faut, bien sûr, toujours les distinguer des douleurs pathologiques.
Les caractères d’une douleur
doivent être étudiés avec soin afin d’essayer d’en déterminer la cause et le mécanisme.
y La localisation. Les lésions profondes engendrent des douleurs qu’il importe de localiser avec précision, car celles-ci sont ressenties non pas comme provenant des organes profonds lésés, mais comme provenant, grossièrement, du territoire cutané innervé par le segment de la moelle épinière correspondant.
y Les facteurs déclenchant et sou-lageant la douleur. Ils permettent d’en comprendre le mécanisme. Les douleurs liées à la respiration, à la déglutition et à la défécation attirent l’attention respectivement sur l’appareil respiratoire, l’oesophage ou le bas ventre. Une douleur survenant plusieurs heures après les repas et soulagée par l’ingestion d’un aliment ou d’une substance alcaline fait penser à une irritation de la muqueuse (revê-
tement interne) de l’estomac ou du duodénum.
y Le type. Il est décrit grâce à des adjectifs qui doivent être interprétés en fonction du vocabulaire dont dispose le malade et de l’image qu’il se fait de ce qui se passe. La douleur de l’infarctus* du myocarde est souvent décrite comme « constrictive » ou en
« étau » ; elle peut, cependant, être downloadModeText.vue.download 618 sur 627
La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 18
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ressentie comme une « explosion » ou une « brûlure ».
y Les rapports entre durée et intensité de la douleur. Ils sont plus importants à considérer que son type. La douleur de l’ulcère gastrique (de l’estomac), souvent décrite comme une crampe, est mieux désignée par son caractère profond et sa persistance. Les termes de colique hépatique et de colique néphrétique désignent des douleurs paroxystiques (qui présentent des périodes aiguës) dues à un spasme (contraction musculaire involontaire), à l’obstruction ou à la distension d’un viscère creux (voies biliaires ou urinaires). Les douleurs profondes sont en général sourdes, et leurs caractères sont riches d’enseignements : une vé-