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grâce aux conversions réalisées lors de l’émission d’emprunts nouveaux

amortissables.

y On constate une stabilisation de la dette envers la Banque de France : de janvier 1952 à décembre 1967, cette dette, évaluée en francs constants, accuse une diminution de 35 p. 100.

y Par contre, la part de la dette amortissable, du court terme et de l’exigible dans l’endettement global, est passée de 46,7 p. 100 à 85 p. 100 de 1952

à 1967. L’augmentation de la dette amortissable est due au lancement et à la réussite de plusieurs grands emprunts (emprunts Pinay notamment).

De 1958 à 1963, la part de la seule dette amortissable tend à se stabiliser, tandis que le court terme et l’exigible poursuivent leur progression.

À partir de 1964, la suppression des bons du Trésor à intérêts progressifs et le remplacement par des bons à trois ou cinq ans entraînent une réduction du court terme et de l’exigible. Depuis 1967 se remarque un gonflement du

court terme et de l’exigible, dû à une progression de l’encours des bons du Trésor en comptes courants (bons du Trésor dont la souscription est réservée aux banques).

En somme, l’évolution est caracté-

risée essentiellement par l’augmentation de la proportion de la dette à court terme et à vue (bons du Trésor, dépôts des correspondants) : de 8,8 p. 100

en 1913, elle passe à 75,2 p. 100 en 1967. Par suite des pouvoirs de tutelle que l’État s’est donnés sur l’Institut d’émission et sur les correspondants du Trésor, une telle situation ne pré-

sente plus les mêmes dangers que dans une économie libérale, où l’on pouvait craindre des demandes de rembourse-ments massifs et purement immédiats (cf. le « mur d’argent » en 1926). Au surplus, malgré une augmentation

nominale, la dette publique en capital ne représente en fait que 16 p. 100 du produit national brut en 1966, contre 34,7 p. 100 en 1952. Mesurée en francs constants, la charge de la dette ne s’est accrue que de 1,4 p. 100 pendant ce même temps.

y Quant à la dette extérieure, enfin, sa part dans l’endettement total est descendue de 30 p. 100 en 1952 à

5,1 p. 100 en 1967.

Charge de la dette

sur le budget

De 1952 à 1968, le montant des inté-

rêts de la dette est passé de 2,095 à 4,048 milliards ; mais, alors que cette charge représentait 3,6 p. 100 des dé-

penses budgétaires en 1952, elle n’en représente plus que 2,8 p. 100 en 1968.

Pour un gouvernement moderne, la

charge de la dette publique ne pose pas de difficultés dans la mesure où une économie en expansion permet de supporter aisément le service de l’intérêt ; quant à l’amortissement de la dette il peut être indéfiniment repoussé dans la mesure où la collecte de l’épargne, bien organisée, et un crédit public solide permettent de rembourser les emprunts anciens par des émissions nouvelles.

C. G.

deutérium

F HYDROGÈNE.

Deux-Roses

(guerre des)

Conflit qui opposa entre 1455 et 1485

deux branches des Plantagenêts.

Prétendant également à la cou-

ronne d’Angleterre, les Lancastres*

et les York*, issus du Plantagenêt Édouard* III, s’opposent en une guerre civile. Celle-ci doit son nom aux ar-moiries de ces familles, qui s’ornent d’une rose, rouge pour les premiers, blanche pour les seconds.

L’aristocratie anglaise porte l’une des responsabilités principales dans le déclenchement de ce long conflit. Aggravé par les effets de la conjoncture downloadModeText.vue.download 23 sur 591

La Grande Encyclopédie Larousse - Vol. 7

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(diminution des exportations de laine et des recettes fiscales) et de la défaite en France (v. Cent Ans [guerre de]), qui déprime l’opinion publique, le mécontentement se manifeste particulièrement chez ceux des aristocrates que la monarchie ne peut rembourser des frais qu’ils consentent en son nom, tels les Neville sur la frontière d’Écosse, tel le duc Richard d’York en Irlande, tel enfin le duc de Buckingham à Calais.

De plus, les ambitions et les divisions de l’aristocratie ont été exacerbées entre 1422 et 1442 par la minorité du roi Henri VI, au cours de laquelle le contrôle du Conseil royal a été l’objet d’une lutte inexpiable entre deux branches de la famille de Lancastre, celle des frères d’Henri V et celle des Beaufort, bâtards légitimés de Jean de Gand.

Les querelles partisanes se trouvent exacerbées depuis la majorité

d’Henri VI en 1442, par la faiblesse du roi, qui accorde sa confiance aux Beaufort et à leur allié Guillaume de la Pole, duc de Suffolk. La disparition, en 1444, de Jean Beaufort, l’arrestation et la mort suspecte, en 1447, de son adversaire Humphrey, duc de Gloucester, enfin l’assassinat, le 2 mai 1450, du duc de Suffolk mettent un comble au désordre politique. Face au roi Henri VI, dont la légitimité peut être mise en doute en raison de l’usurpa-tion dont se rendit coupable en 1399

son grand-père Henri IV aux dépens de Richard II, assassiné ensuite en 1400, le duc d’York Richard reste le seul homme susceptible de remettre en cause la dévolution du trône. Normalement hostile à une dynastie dont l’un des souverains, Henri V, a fait exécuter en 1415 son père Richard, comte de Cambridge, ce prince peut, en outre, revendiquer la couronne, d’abord en tant qu’arrière-petit-fils d’Édouard III, ensuite en tant que fils d’Anne Mortimer, arrière-petite-fille de Lionel, duc de Clarence, dont la descendance a été écartée illégalement du trône en 1399-1400 en faveur de celle de Jean de Gand.

Pourtant, Richard d’York n’au-

rait pas déclenché la guerre civile si la naissance d’un prince de Galles, Édouard, et la première crise de folie

du roi Henri VI n’avaient pas ruiné et exaspéré ses espoirs d’hériter légalement du trône.

Regroupant aussitôt autour de sa personne le parti des mécontents, le duc d’York se fait reconnaître « protecteur du royaume » et « chef du Conseil »

en mars 1454. Il écarte aussitôt du pouvoir le parti des Beaufort et de l’énergique reine Marguerite d’Anjou en faisant enfermer son chef, Edmond, duc de Somerset, à la Tour de Londres.

Mais, avec le retour à la raison du roi Henri VI, le parti des Beaufort prend sa revanche. Richard d’York se réfugie auprès des Neville et se révolte avec leur appui. Il est victorieux à Saint Albans (22 mai 1455) — où Henri VI est fait prisonnier et où le dernier des Beaufort, Edmond, duc de Somerset, trouve la mort — et redevient pour un temps « protecteur du royaume ». La guerre reprend en septembre 1459. Si Richard Neville, comte de Warwick

et gouverneur de Calais, remporte le 10 juillet 1460 la victoire yorkiste de Northampton, Richard d’York est vaincu et tué à Wakefield le 30 dé-

cembre 1460. Warwick est lui-même

défait à la seconde bataille de Saint Albans le 17 février 1461. Édouard, fils de Richard d’York, riposte aussitôt et, aidé par Warwick, remporte le 29 mars 1461 la victoire décisive de Towton, qui lui permet de se faire couronner roi à Londres le 28 juin sous le nom d’Édouard IV. Pourtant, en

épousant en 1464 Elisabeth Woodville pour échapper à la tutelle de Warwick, Édouard IV rejette le « faiseur de rois »

dans le camp des Lancastres : Warwick se réfugie en France en 1469 et se ré-

concilie avec Marguerite d’Anjou grâce à Louis XI ; il débarque en Angleterre en 1470 et restaure Henri VI. Réfugié à son tour auprès de son beau-frère Charles le Téméraire, Édouard IV

remporte avec l’aide de ce dernier les victoires décisives de Barnet et de Tewkesbury, où Warwick et le prince de Galles, Édouard, fils d’Henri VI, sont successivement tués les 14 avril et 4 mai 1471. Le triomphe de la « rose blanche » semble définitif : Marguerite d’Anjou est faite prisonnière ; Henri VI, qui a été capturé en juillet 1465 et qui est emprisonné à la Tour de Londres, meurt, sans doute assassiné,