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— « Il faudra commencer par les gens qui sont vraiment malades. Le Dr Fabian, Floyd… »

— « D’accord, Brad. Il les soignera d’abord et, ensuite, on s’occupera de la clinique. Autant que tout le monde profite de sa présence. »

— « Si vous faites fusion, vous pourrez disposer de ses services et d’autres quand le désir vous en aurez, » dit Mr Smith.

— « Que veut-il dire avec sa fusion ? »

— « La fusion, c’est si nous ouvrons la Terre aux extraterrestres et rejoignons les mondes que les Fleurs ont rassemblés. »

— « Voilà qui est parler ! J’imagine que les prestations de ce monsieur sont sans frais ? »

— « Frais ? Je ne comprends pas, » fit Mr Smith.

— « Qu’il ne demande pas d’honoraires… de paiement… d’argent ? »

— « Ces mots n’évoquent rien pour moi. Mais nous devoir agir vite car le compagnon a d’autres mondes à visiter. »

— « Eh bien, ne perdons pas de temps, » dit Higgy. « Voulez-vous me suivre tous les deux ? »

— « Avec alacrité, » répondit Mr Smith. Les deux humanoïdes gravirent la colline sur les talons du maire. Au moment où je me préparais à les suivre, Joe Evans surgit comme un boulet de la porte de service.

— « Brad ! On te téléphone du département d’État ! »

C’était Newcombe.

— « Je suis à Elmore, » m’annonça-t-il de sa voix froide et pincée. « Nous venons de donner une conférence de presse au cours de laquelle nous avons rendu publics les propos que vous nous avez tenus. Mais, maintenant, les journalistes exigent à cor et à cri de s’entretenir avec vous. »

— « Je n’y vois aucun inconvénient. Ils n’ont qu’à venir et… »

— « Moi, j’en vois, » rétorqua Newcombe d’un ton amer. « Mais la pression est irrésistible et je suis obligé d’en passer par les volontés de ces messieurs. Je compte sur vous pour être discret. »

— « Je ferai de mon mieux. »

— « Bien. Rendez-vous dans deux heures au même endroit. »

— « Entendu. Est-ce que je peux amener un ami ? »

— « Oui, évidemment. Mais, pour l’amour de Dieu, soyez prudent ! »

Chapitre 22

Mr Smith accueillit avec le plus grand calme l’idée d’une conférence de presse.

— « Vous vouloir dire que ces gens sont des communicateurs ? » me demanda-t-il, avide de précisions, tandis que nous nous dirigions vers la barrière où les journalistes nous attendaient. « Ce que nous leur disons ils le répètent à d’autres ? Ce sont des interpréteurs comme moi ? »

— « Oui, en un sens. »

— « Mais tous vous parlez pareil. Le mécanisme m’a enseigné une langue seulement. »

— « Parce que vous n’en aviez pas besoin d’une autre. En fait, on parle des langues très diverses sur la Terre. Mais les journalistes ont une autre raison d’être. Tout le monde ne peut pas être ici pour entendre ce que nous avons à dire. Leur rôle consiste à diffuser l’information… »

— « L’information ? »

— « Ce que l’on dit, ce qui se passe. Quoi qu’il arrive, les journalistes sont là et ils informent l’opinion. »

Mr Smith fit presque un pas de gigue et s’exclama : « Merveilleux ! »

— « Qu’y a-t-il de si merveilleux ? »

— « Votre ingéniosité ! Comme ça, une personne parle à toutes les personnes. Chacune entend. Très intelligent ! »

Une véritable foule de journalistes piétinait de l’autre côté de la barrière et les cameramen s’affairaient.

Notre arrivée causa quelques remous. Un homme s’adressa à nous :

— « Judson Barnes, de l’Associated Press. Vous êtes Bradshaw Carter, je présume ? »

J’acquiesçai.

— « Et le monsieur qui vous accompagne ?

— « Il s’appelle Mr Smith. »

— « Et il arrive tout droit d’un bal masqué ? » lança quelqu’un.

— « Non, » rétorquai-je. « C’est un humanoïde venu d’un autre univers pour contribuer aux négociations. »

— « Si vous voulez, nous pouvons commencer, » reprit Barnes. « Le département d’État nous a fait un topo général. Il est donc inutile de nous raconter à nouveau votre histoire en long et en large mais je suis sûr que pas mal de mes confrères ont des questions à vous poser. »

Une douzaine de mains se levèrent.

« À vous de jouer, mon cher Carter. Choisissez ! »

Je fis signe à un grand type voûté.

— « Caleb Rivers, du Kansas City Star. D’après ce que nous avons compris, vous représentez le… comment dire ? le peuple de cet autre monde. Je souhaiterais que vous définissiez votre position de façon précise. Êtes-vous un représentant officiel, un porte-parole officieux ou une sorte d’intermédiaire entre les deux ? »

— « Mon rôle est strictement officieux. Vous avez entendu parler de mon père ? »

— « Oui, » répondit Rivers. « Nous savons qu’il a pris soin de ces fleurs qu’il avait trouvées mais vous conviendrez avec nous, je pense, Mr Carter, que votre filiation est une qualification assez insolite dans le cadre de votre mission. »

— « Je ne possède pas la moindre qualification, Mr Rivers. Je serai franc avec vous : à mon sens, les extra-terrestres ont probablement choisi les éléments les moins représentatifs de la population pour parler en leur nom. Il faut faire entrer deux choses en considération. D’abord, j’étais le seul humain apparemment disponible, le seul qui leur ait rendu visite. En second lieu, et c’est important, ils ne pensent pas, ils ne peuvent pas penser comme nous. Ce qui leur paraît rationnel nous semble absurde. Et la réciproque est vraie. »

— « Soit. Toutefois, en dépit de votre modestie qui vous fait dire que vous n’êtes pas qualifié pour jouer le rôle qui vous a été confié, vous avez quand même accepté de le jouer. Pourquoi ? »

— « Je n’avais pas d’autres solutions. Au point où nous en étions, il fallait tenter d’établir un contact intelligent avec les étrangers. Autrement le contrôle de la situation risquait de nous échapper. »

— « Qu’entendez-vous par là ? »

— « À l’heure qu’il est, le monde a peur. Les événements dont Millville est le théâtre échappent à toute explication. Or, rien n’est plus dangereux que l’incompréhensible, que la terreur irraisonnée. Mon espoir est que les choses n’empireront pas et que, entre-temps, nous pourrons réaliser quelque progrès. »

D’autres mains s’agitaient. Je donnai la parole à un second journaliste.

— « Frank Roberts, du Washington Post. Ma question a trait aux négociations elles-mêmes. Pour autant que nous le sachions, les extra-terrestres demandent l’accès à notre monde et, en échange, ils sont prêts à nous faire partager toutes les connaissances qu’ils ont accumulées. Ma question est la suivante : pourquoi désirent-ils que nous les laissions venir chez nous ? »

— « Je ne le sais pas de façon précise. Ils ont besoin d’une base sur la Terre pour pouvoir gagner d’autres mondes. Ces autres mondes se succèdent, semble-t-il, en fonction d’une certaine progression et on ne peut passer de l’un à l’autre qu’en suivant un ordre déterminé. Je vous avoue que je ne comprends pas. Pour le moment, la seule chose qui compte est de trouver une base d’entente acceptable pour les deux parties. »

— « Existe-t-il à votre connaissance des conditions en dehors du principe que vous venez de définir ? »

— « Si conditions il y a, je les ignore. »

— « Mais vous êtes venu avec… dirons-nous un conseiller ? Ne conviendrait-il pas de prier Mr Smith de répondre ? »